Fiche méthodologique : Émissions de CO2 moyennes par personne et par semaine selon le mode de déplacement principal

Thématique : Déplacements domicile-travail


Description de l’indicateur


Définition

L’indicateur représente les émissions moyennes hebdomadaires entre lieu de résidence et lieu de travail, pondérées par le nombre d’actifs effectuant ce trajet, décrites selon 5 modes de transport principal : marche, vélo, transports en commun, deux-roues motorisé, voiture.

Champ : France métropolitaine, personnes en emploi de 15 ans ou plus qui se déplacent pour aller travailler et dont les distances domicile‑travail sont inférieures à 10 km pour les piétons, 30 km pour les cyclistes et 100 km pour les autres modes de transport.

Unité : grammes de CO2e (équivalent CO2)

Lecture

En 2022, les actifs de France métropolitaine se rendant sur leur lieu de travail en voiture émettaient en moyenne 16,5 kilogrammes de CO2e par semaine, contre 842,6 grammes de CO2e par semaine en moyenne pour les actifs se déplaçant en transports en commun.

Métadonnées

Source(s) de données

Insee-Sdes, Estimation des émissions individuelles de gaz à effet de serre lors des déplacements domicile-travail

Ce travail d’étude regroupe plusieurs sources de données :

Méthodologie de construction

Les données des Estimations des émissions individuelles de gaz à effet de serre lors des déplacements domicile-travail permettent de déterminer les émissions moyennes hebdomadaires des déplacements domicile-travail à partir des variables suivantes :

Les émissions moyennes sont attribuées à la commune de résidence LIEU_RESID.

Selon chaque commune de résidence et chaque mode de transport, les émissions moyennes hebdomadaires globales sont les émissions moyennes CO2_HEBDO pondérées par le nombre d’actifs en emploi IPONDI.

L’indicateur est calculé pour les lignes où CHAMP_CO2 est vrai (France métropolitaine et mode de transport différent de “pas de transport”).

Limites et préconisations d’utilisation

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont calculées uniquement pour les trajets domicile-travail de moins de 100 km en France métropolitaine, correspondant au champ du volet « mobilité locale » de l’EMP utilisé pour les imputations.

Par ailleurs, sont comptabilisées uniquement les émissions générées au cours des déplacements, c’est-à-dire « du réservoir à la roue ». Les émissions « amont » dues à la production de l’énergie, la construction des véhicules ou des infrastructures de transport ne sont pas prises en compte.

Les émissions sont exprimées en équivalent CO2 (CO2e) : cette unité permet de considérer l’impact de tous les GES en s’appuyant sur le potentiel de réchauffement global d’une masse d’un GES (CH4, N2O ou gaz fluorés) calculé relativement à une même masse de CO2.


Politique(s) publique(s) associée(s) à l’indicateur


Action(s) visée(s)

Encourager le report modal - Favoriser le recours à des transports plus propres pour les trajets domicile-travail (déplacements contraints)

Contexte et enjeux

Le transport routier est à l’origine de 94,0 % des émissions du secteur des transports (119,2 Mt CO2 éq en 2023) et la majorité des GES des transports proviennent des voitures particulières (53 % en 2023, soit 67,5 Mt CO2 éq) [source : CITEPA, 2023]. Tous modes de transport confondus, les trajets domicile‑travail en France métropolitaine représentaient à eux seuls 13 % des émissions de GES des transports en 2019, et plus de 25 % des émissions des voitures des particuliers. Ces émissions de GES des trajets domicile‑travail s’élèvent à 17,4 millions de tonnes d’équivalent CO2 (tCO2e) en 2019, dont 98 % dues à la voiture [source Insee/Sdes, données 2019].

En 2019, un actif se déplaçant pour aller au travail émet en moyenne 0,7 tonne d’équivalent CO2 par an pour ses trajets, tous modes de transport confondus. Toutefois, les émissions de gaz à effet de serre (GES) des trajets domicile‑travail varient selon les territoires. Les émissions des trajets domicile-travail sont deux fois moins élevées pour les habitants des pôles urbains que pour ceux des couronnes périurbaines qui résident plus loin de leur lieu de travail et utilisent plus souvent la voiture. La densité de transports en commun est également un facteur de réduction des émissions favorisant une moindre utilisation de la voiture. D’autres leviers d’actions comme le télétravail peuvent également jouer un rôle dans la réduction des émissions liées aux déplacements domicile-travail.

Réglementation et aides disponibles

Afin d’encourager le recours à des modes de transports alternatifs et durables pour les déplacements domicile-travail, un “forfait mobilités durables” (FMD)“, prévu par la loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019, a été mis en place dans les secteurs privé et public avec la parution de plusieurs décrets. Le versement de ce forfait a vocation à assurer une prise en charge par les entreprises et les collectivités des frais de déplacement de leurs employés sur leurs trajets domicile-travail effectués avec des modes alternatifs à la voiture individuelle, comme le vélo ou le covoiturage.

Le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires et l’ADEME, ont initiée en 2021 avec le soutien de France Mobilités la mise en place d’un baromètre “forfait mobilités durables”. Ce baromètre vise à dresser un état des lieux du déploiement du “forfait mobilités durables” (FMD) chez les employeurs français et d’identifier les freins et les leviers d’action favorisant son déploiement. Les résultats de l’édition 2025 montrent que la connaissance du FMD reste globalement faible dans le secteur privé (19% des entreprises interrogées connaissent le dispositif, contre 49% des collectivités). Les leviers d’action envisagés sont : dans le privé, l’augmentation du plafond d’exonération sociale et fiscale du FMD (43%) et l’utilisation d’un titre-mobilité (37%), alors que les collectivités privilégient la création d’un Forfait Mobilités Durables Global (65%) et l’inclusion de la marche (57%). Les modes ouvrant droit à l’aide sont majoritairement le vélo et le covoiturage.

L’employeur peut également réaliser un plan de mobilité employeur. Celui-ci établit un programme d’actions (avec un ensemble de mesures concernant les transports alternatifs, l’organisation du télétravail, l’encouragement aux pratiques de mobilité active comme le vélo, l’organisation du covoiturage, etc.), un plan de financement et un calendrier de réalisation des actions, ainsi que des modalités de suivi et de mise à jour. Il est possible aussi de coordonner ses actions avec celles des entreprises voisines ou de mettre en place des solutions de transport pour ses salariés à travers un plan de mobilité employeur commun.

Ressources et outils complémentaires


Version au 04 novembre 2025